Tour du Moléson


Suisse, avril 2011

Mathieu Henriod, César Vanay

Mathieu, dont les études de géographie laissent du temps pour randonner, a profité des vacances de Pâques pour initier un ami au bivouac. Ils sont partis dans les préalpes Fribourgeoises et Vaudoises, tournant autour du Moléson. César a ainsi pu découvrir les joies de la randonnée, et pourquoi il faut regarder les températures sur un sac de couchage.

Trekhorizon: Tour du Moléson Trekhorizon: Tour du Moléson Trekhorizon: Tour du Moléson Trekhorizon: Tour du Moléson Trekhorizon: Tour du Moléson

Je suis parti avec un ami, César pour un tour en autonomie de quatre jours entre les Préalpes vaudoises et fribourgeoises. Nous avons décidé de partir de Montreux pour rejoindre le Moléson par la face  est  de sa chaine (Cape au Moine, Vanil des Artses, Dent de Lys, Vanil Blanc, Teysachaux, le Moléson)) avant de le contourner et de rentrer par la face  ouest. C’est une idée qui a germé en discutant avec Joseph, qui a expérimenté la première partie en trois jours. Nous avons donc potassé un itinéraire, qui a subi quelques modifications sur le terrain.

Nous sommes partis le premier jour depuis la gare de Montreux pour nous engager dans les gorges du Chaudron en direction des Avants. C’est un endroit magnifique, on se croirait en pleine forêt vierge à cinq minutes de la ville. La montée est rude, mais cela fait plaisir de retrouver le sac à dos après ma blessure au genou lors de mon dernier tour (ndlr : Mathieu s'est fait une irritation du ligament, ou un truc du genre, dans le Jura). Arrivés aux Avants, nous voulons rejoindre Sonloup en suivant l’itinéraire à Joseph. Cependant, en suivant les panneaux du tourisme pédestre, nous faisons un détour d’une heure trente par le sommet du Cubly, qui dit en passant est un véritable chemin de croix avec une lourde charge sur le dos. Nous mangeons à l’arrivée du funiculaire de Sonloup, des pâtes à la vodka. Nous avons, en effet, fait le pari de prendre un litre de sauce à la vodka, faite préalablement et congelée pour accompagner nos repas : c’est débile, je sais. Nous reprenons la marche, passons par Cergnaule pour rejoindre la Goille au Cerf, là encore la dénivelée se fait sentir. Arrivés vers ce que nous pensions être un lac de montagne, on remarque vite que c’est une vague gouille stagnante, c’est ce qui arrive à ceux qui ne regardent pas bien la carte. Nous passons ensuite le Col de Soladier, pour descendre sur Guedères, notre lieu de bivouac. Depuis le Col, un vent violent s’est levé, un vent qui ne vas jamais nous lâcher jusqu’ à la fin de notre randonnée.

La tente est plantée à quatre heures trente, nous avons le temps de profiter de la beauté du paysage. Nous nous couchons après le repas vers sept heures, il fait encore jour lorsque je ferme les yeux. La nuit se passe bien, accompagnée par des bruits d’animaux que je distingue comme étant des sangliers. César se rend quand même compte qu’un sac de couchage avec comme température de confort quinze degrés, c’est très limite pour la montagne, même lorsque il fait beau et chaud.

Trekhorizon: Tour du Moléson Trekhorizon: Tour du Moléson Trekhorizon: Tour du Moléson Trekhorizon: Tour du Moléson Trekhorizon: Tour du Moléson

Le lendemain, nous plions le bivouac, et allons faire le plein d’eau dans la Veveyse de Fégire, une rivière que l’on a étudié pendant les cours et je dois dire que nous trouvons plus intéressant de la boire que de hiérarchiser son réseau hydrographique. Nous traversons la frontière entre Vaud et Fribourg située sur le pont traversant cette rivière (dans cette contrée hostile, plus question de m’éloigner de mon couteau de combat), nous montons à l’alpage de Paccot, sous la Dent de Lys et nous prenons le chemin à flanc de coteau jusqu’ au pied de Teysachaux. Le beau temps est avec nous comme le premier jour, mais le vent ne décroche pas. Nous continuons avec grande motivation, en contournant Teysachaux en direction de Petit Plané où nous mangeons encore notre dernière ration de sauce à la vodka (enfin). Lorsqu’on arrive à Plan-Francey, le chemin est fermé à cause des travaux de la nouvelle cabine en construction. Nous attendons donc deux heures que les ouvriers finissent leur journée. Celui qui surveille l’accès du sentier est très sympathique, et c’est un plaisir de discuter avec lui. Il nous offre même un sandwich et de l’eau.

Nous arrivons donc vers sept heures à l’alpage du Gros Moléson pour planter notre bivouac. Là le vent est extrême, il faut amarrer la tente aux sacs pour la monter. Après un rude combat notre abri est monté et nous pouvons nous réfugier à l’intérieur juste après avoir mangé notre purée. C’est là que l’on remarque l’importance du matériel. Ma tente d’alpinisme ne bouge pas dans les rafales alors qu’avec une tente moins adaptée la nuit aurait pu mal tourner.

Trekhorizon: Tour du Moléson Trekhorizon: Tour du Moléson Trekhorizon: Tour du Moléson Trekhorizon: Tour du Moléson Trekhorizon: Tour du Moléson

Le lendemain, le temps est incertain et orageux. Nous décidons de rejoindre la cabane CAS de Jaman en une demi-journée, pour se réfugier à l’abri la dernière nuit. Nous descendons jusqu’à Albeuve avant de remonter lentement le long de la vallée jusqu’au col. On marche au pas de charge pendant un peu moins de cinq heures sans même prendre le temps de s’arrêter manger (on mange des barres de céréales pour tenir le coup). Le temps devient vraiment menaçant avec de la pluie et même de la grêle lors de l’arrivée au col. Nous avons rêvé toute la journée du thé, du feu et du matelas de la cabane, le rêve absolu. Lorsqu’on arrive à la cabane, elle est fermée entièrement, sans même un local d’hiver accessible. Totalement surpris on décide d’appeler l’intendante de la cabane, qui nous fais comprendre qu’elle est fermée et que, n’étant pas membre de la section Jaman du CAS, on ne peut pas entrer. Inutile d’expliquer la colère et la déception face à cette façon de gérer les cabanes de montagne.

On décide alors d’abréger le tout d’une journée, en descendant prendre le train aux Avants. Une heure trente de marche comme elle n’a rien de beau : on est aigri au possible, il pleut, et notre rêve de soirée au coin du feu est brisé. Ce fut malgré tout un beau tour que je vous conseille vivement en quatre jours et non en trois comme on a été poussé à le faire. Je précise encore une dernière fois mon dégout face à la politique de gestion de cette cabane et espère fortement que ce modèle ne va pas s’imposer dans le temps. En effet la grande majorité de ces refuges suivent la directive exposée sur le site du club alpin suisse : « Toutes les cabanes sont ouvertes toute l'année (chaque cabane dispose d'un local d'hiver ». J’espère que cette expérience a plu à César et avoir fait un adepte de plus de la randonnée en autonomie.

Mathieu Henriod

Trekhorizon: Tour du Moléson Trekhorizon: Tour du Moléson Trekhorizon: Tour du Moléson Trekhorizon: Tour du Moléson Trekhorizon: Tour du Moléson

Liste de matériel

Voilà une liste de matériel type (sans la nourriture) que j’utilise pour une randonnée en autonomie de 3-4 jours. Il faut juste préciser que je préfère porter un peu plus lourd pour avoir le confort et la sécurité (la randonnée MUL, ce n’est pas pour moi).

Sac à dos:

Couchage:

Lumière:

Hydratation:

Cuisine:

Sécurité:

Outils:

Orientation:

Divers:

Habits (soit sur homme, soit dans un sac étanche):

Remarques/conseils:
Cette liste représente le matériel exact que j’ai pris lors de cette randonnée. Cependant mon matériel varie à chaque sortie, notamment en fonction des facteurs géographique et climatiques (saisons, altitude, type de terrain). Au niveau de l’hydratation, j’utilise très rarement les pastilles de purification en montagne, surtout lorsque le bétail n’est pas encore monté dans les alpages. Il est cependant bon d’en avoir en réserve, l’accès à l’eau potable étant l’une des premières priorités pour le randonneur. J’utilise le sac poubelle de 110L pour stocker mon matériel hors de la tente à l’abri de l’humidité (sac, chaussures, etc.). Un short et un t-shirt propre pour le bivouac peuvent paraître futiles, mais le bonheur qu’ils apportent vaut largement leur portage.

Mathieu Henriod